Comment devenir un bon entrepreneur en jouant à se faire peur avec un Business Game

Si vous avez suivi une formation en gestion dans une école de commerce ou en gestion, vous avez peut-être joué à un jeu de simulation d’entreprise, appelé aussi business game. Ces jeux ne forment pas seulement au management mais permettent aussi de vivre une expérience entrepreneuriale, et d’améliorer ainsi son potentiel à être un bon entrepreneur

Qu’est ce un business game ?

En général le business game intègre un modèle d’entreprise et de marché qui permet de calculer les performances de chaque entreprise en fonction des décisions prises par l’ensemble des entreprises présentes sur le marché. Une session de formation avec un business game s’effectue de manière intensive sur 2 à 3 jours ou de manière extensive sur plusieurs semaines par session de 2 à 3 h. Chaque entreprise est gérée collectivement par des équipes de 3 à 6 personnes. Dans les équipes, les étudiants se répartissent les responsabilité : directeur marketing, directeur de production, directeur financier, directeur des ressources humaines…

Les business games répondent à des objectifs pédagogiques divers. Ils s’utilisent en début de formation pour faire découvrir la gestion d’entreprise et montrer aux étudiants l’intérêt d’acquérir à la fois des compétences financières, marketing et social. Ils s’utilisent aussi en cours ou en fin de formation pour permettre aux étudiants de mettre en relation les différents aspects du management abordés durant leur formation.

Le jeu n’est pas complètement centré sur la simulation,  les professeurs mettent en place des activités complémentaires pour renforcer  les apprentissages et/ou vérifier les acquis : calcul du coût moyen de production, élaboration d’une stratégie, tableau de bord financier, analyse critique des résultats de la stratégie.

Business game

Simulation avec un business game

L’apprentissage avec les Business Games pour devenir entrepreneur

Les business mixent l’apprentissage de deux types de connaissances, les connaissances déclaratives (le savoir sur quelque chose) et les connaissances procédurales (être capable de réaliser une activité). Ils permettent ainsi de répondre à quatre objectifs :

  • être capable d’utiliser des connaissances spécialisées déjà acquises dans des situations appropriées,
  • être capable de combiner des activités acquises séparément dans des séquences d’actions complexes,
  • être capable de reconstruire les corrélations et les processus de bases,
  • être capable d’évaluer les conséquences de l’action des autres sur son activité (Fortmüller, 2009).

Le jeu d’entreprise, en insérant les joueurs dans un univers concurrentiel, met en scène les interactions complexes qui existent entre les acteurs d’un marché. Le joueur peut avec le jeu expérimenter par essai-erreur les conséquences de ses actions, et quelquefois faire des erreurs qui mènent au dépôt de bilan. Est ce une bonne chose pour l’apprentissage ? Ces mécanismes d’apprentissage permettent-ils d’apprendre à devenir un entrepreneur.

Apprendre de ses erreurs dans un business game pour être entrepreneur

En 2010, j’ai animé des sessions de jeu d’entreprise avec deux jeux différents, Polygame et Eurosim. Polygame est un jeu de simulation assez simple qui s’adresse aux première années d’école de commerce ou de master de gestion des universités. Le nombre de décision à  prendre est limité à 42 décisions par tour. Eurosim comporte une dimension internationale en mettant en concurrence des entreprises de plusieurs pays et la nécessité de négocier des contrats de production ou de vente à l’international

J’ai pu remarqué que certains groupes d’étudiants se sont vite laissés déborder par la complexité de ces simulations. Ils n’arrivent pas dans un premier temps à percevoir les conséquences de leur actions. Les erreurs les plus classiques consistent à trop investir sans se préoccuper de la trésorerie ou de mal gérer les stocks. Comme ces jeux ne comportent pas de limitation de l’investissement, certaines entreprises arrivent à s’endetter très lourdement, bien eu delà des ratios habituelles. Les jeux prévoient tout de même des conséquences non négligeable avec des frais financiers élevés et en général les animateurs interviennent pour accorder des prêts à long terme ou recapitaliser ces entreprises. Au final, ces groupes sont aussi sanctionnés par des malus sur leur note globale et une perte de place dans le classement.

Néanmoins, ce qui est intéressant, c’est que certains groupes apprennent beaucoup de ces erreurs. Quand ils font le bilan à la fin du jeu, ils ont acquis une conscience aigue des interactions entre les différentes fonctions de l’entreprise. A mon avis,  cette expérience leur permettra si ils créent une entreprise d’éviter pas mal d’erreur. Les cours magistraux exposent ces erreurs, mais cela restent théorique. Le jeu permet de les mettre en scène, de les inscrire avec une charge émotionnelle importante. Je vous assure que le stress est important  lorsque les étudiants réalisent les dégâts occasionnés par leurs mauvaises décisions.

Dans une simulation, même si cela se traduit dans ce cas par une vrai note,  les conséquences restent virtuelles. On peut recommencer, se tromper ne nombreuses fois. Essayez de le faire dans le monde physique, vous verrez les conséquences, la société française n’aime pas les entrepreneurs qui échouent. Difficile de rebondir après un dépôt de bilan. Et pourtant, l’échec participe à la formation d’un bon entrepreneur.

Apprendre sans risque ? Jouer à l’entrepreneur sans risque

Les business games peuvent-ils à terme désensibiliser l’étudiant au risque. Je ne le pense pas, si le débriefing met bien en évidence les erreurs et les solutions possibles. Et si le jeu est conçu de tel manière que l’erreur provoque une forte émotion, avec des conséquences bien visibles. Dans ce cas, le business game sera un mélange de Minicry et d’ilinx selon la typologie de Calois (Caillois, 1967). Assurément le meilleur mélange pour inscrire l’apprentissage par l’émotion dans le cœur du futur entrepreneur.

Quelques éditeurs français de business game

Webtolearn

MarketPlace

StartX

Georges Bessis

Strat&Logic.com

Quelques business Games gratuit

http://www.bestbusiness.fr/

http://beer.mit.edu/default.htm

http://www.simuland.net/

http://www.beingthebigboss.com/

http://www.creatiel.info/cartel-simulation-entreprise/#telecharge

http://www.industrie-land.net/

http://www.bossin.com/index.php?lang=en

http://armors.com/play/57/coffee-shop ;

http://www.tycoononline.nu/

http://www.simbusiness.com/ee/site/

http://www.enterprisebattle.com/

Références

Caillois, R. 1967. Les jeux et les hommes: Gallimard.

Fortmüller, R. 2009. Learning Through Business Games: Acquiring Competences Within Virtual Realities. Simulation & Gaming, 40(1): 68-83.

One Reply to “Comment devenir un bon entrepreneur en jouant à se faire peur avec un Business Game”

  1. Catherine BRECHIGNACNo Gravatar

    La pédagogie par le jeu permet une prise de conscience sur ses attitudes et connaissances pour mettre en éveil l’apprenant.
    J’utilise fortement ce type de business game avec les créateurs d’entreprise et dans les ateliers pour les jeunes dirigeants.
    Le constat est que les compétences liées à la gouvernance, aux prises de décision dans un environnement complexe sont largement insuffisantes.
    A noter également, la compréhension de l’utilité des fonds propres. Les ateliers de jeunes dirigeants conduisent bien souvent les apprenants à suivre une formation sur le capital de l’entreprise et la négociation de la relation bancaire.

    L’entreprise pourrait s’apprendre dès le plus jeune âge. L’ouverture d’esprit des tout jeunes, au primaire-collège mériterait qu’on s’y intéresse. Reste que les enseignants pourraient apprendre l’entreprise par des stages d’immersion dans des PME. Cette expérience leur donnerait une compréhension expérientielle et non plus simplement des mécanimes de pilotage d’une entreprise.

    Catherine Bréchignac
    APPROCHES Business Consulting

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